L’HOMME PRUDENT DOIT PRENDRE GARDE À CE QUI RAMPE.

Michel BOURGEOISNews, VALEURS RÉPUBLICAINES et INSTITUTIONS0 Commentaire

Je me suis éveillé dans un état fébrile,
Le cœur embastillé, l’esprit cherchant ses maux,
Sans trop savoir pourquoi. Perché sur une pile
De livres patinés me regardait Rousseau.
“ Te souviens-tu, ami, nous en fûmes si fiers,
De la Déclaration des droits du Citoyen ?
Qu’en avez-vous donc fait ? Où sont donc ces lumières
Qui ont fait avancer le Monde vers l’humain ?”
Que pouvais-je répondre à ce maître- penseur ?
Évoquer Beaumarchais, Diderot, d’Alembert,
Montesquieu, Condorcet, Danton ou la Terreur
N’aurait servi à rien, guère plus que Voltaire.
Je saisis malgré moi le parchemin jauni
Que l’homme me tendait d’un regard bienveillant :
En être l’apologue, la promesse lui fis,
Le savoir pouvant, seul, évincer le tyran.
Retour à la prose

Nous assistons en France depuis quelques mois à l’adoption d’un certain nombre de textes préoccupants,

en ce sens qu’ils vont tous dans le sens d’atteintes aux libertés individuelles et d’une appropriation de la vie publique par les seuls partis politiques « installés », des textes proposés faut-il le souligner, par les mêmes parlementaires.
S’agissant de la justification des atteintes aux libertés, elles reposent sur le postulat selon lequel le respect des droits de l’homme serait un frein à la lutte contre le terrorisme : si décréter l’état d’urgence à la suite d’actes terroristes susceptibles de se reproduire peut être compris par le commun des mortels, profiter de l’état de choc provoqué par ces événements tragiques pour prendre des mesures « plus larges » permettant notamment d’aller appréhender des « altermondialistes », espionner la société civile à qui mieux-mieux « au filet » et non pas « au harpon » ou d’interdire telle ou telle manifestation citoyenne, ne relève pas de la même logique.

S’agissant du musellement des initiatives citoyennes, elles se sont démultipliées elles aussi depuis le début de l’année, trois mesures en étant l’illustration parfaite :

  • Découpage des régions avant les élections — les changements de règles du jeu en cours de partie semblent faire dorénavant corps avec la vie politicienne française -, pour en faire des groupements territoriaux historiquement incohérents pour la plupart d’entre elles, « diviser pour mieux régner » étant toujours un principe à la mode,
  • Loi dite « NOTRe » d’août 2015 qui a pour vocation de transférer les pouvoirs des communes à des établissements publics qui seront dirigés par les « amis des amis »,
  • Texte enfin voté « en urgence » à l’Assemblée Nationale le 16 décembre 2015, dont la seule finalité est de restreindre la possibilité pour un citoyen « ordinaire » et dès avant l’élection présidentielle de 2017, de se présenter à une telle élection, ce qui vaudra également de son droit d’expression sur les ondes audiovisuelles (lequel sera laissé à l’arbitraire du Conseil supérieur de l’audiovisuel sur un double critère : la représentativité — que n’a pas encore celui qui ne truste pas les plateaux télévisés ou les studios radiophoniques toute l’année — et l’intérêt de son message, les membres du CSA ayant naturellement la science politique infuse.

Alors que les partis installés se partagent bon an mal an 65.000.000 d’euros de deniers publics pour leur « com » et leurs frais de fonctionnement (la contrepartie se trouve dans leur rôle éducatif à l’égard des électeurs et donc dans la qualité de leurs apports intellectuels), les « petits candidats » (au seul motif qu’ils n’appartiennent pas à une organisation politique subventionnée tirant de ses activités la subsistance de ses membres), ne pourront intégrer dans leurs comptes de campagne que les dépenses engagées au cours des six derniers mois précédant l’ouverture de cette campagne.
Cela ne serait finalement pas si grave si d’autres faits n’illustraient pas le glissement auquel nous assistons, d’une démocratie théorique vers un népotisme partisan bien réel : sera publié d’ici à quelques jours un article où il sera question d’ « UNE NUIT DE CAUCHEMAR DÉMOCRATIQUE À L’ASSEMBLÉE NATIONALE », nuit elle aussi du 15 au 16 décembre dernier.

*
*****

Si je devais dessiner le cadre politique de notre beau pays,

je le présenterais sous la forme d’une magnifique page blanche, agrémentée d’un encrier et d’une plume, une page à agrémenter de pensées comme se plaisent à le faire tous ceux inféodés à l’écriture ; en bas de cette page, dans le coin gauche ou droit — cela n’a plus aujourd’hui aucune importance -, une tache de quelques millimètres pour symboliser 0,5% de l’électorat français, les « citoyens encartés » auprès des trois partis majoritaires, une tache surlignée par des médias appartenant finalement au même microcosme.
Si les 99,5% des électeurs inscrits ou qui devraient être incités à le faire, décidaient d’ouvrir les yeux et de comprendre à quelle virtualité ils sont confrontés, ils n’hésiteraient plus à ne plus donner leur suffrage aux seuls deux candidats devenus trois, mais confieraient le destin de leur France à ceux qui savent, savent-faire et leur ressemblent.

Nous disposons d’un peu plus d’une année pour le leur faire comprendre et il suffira pour cela que tous, nous ouvrions enfin les yeux : merci à cette fin, de partager ce court texte.

Michel Bourgeois

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