OÚ IL SERA QUESTION DE  » SCHIZOPHRÉNIE ÉLECTORALE »

Michel BOURGEOISAFFAIRES ÉTRANGÉRES, News0 Commentaire

La « schizophrénie électorale« 

figurant dans le titre de cette chronique, est empruntée à celui de l’article que m’a fait parvenir Alain Tobelem, Docteur en économie, spécialiste depuis 1996 de l’analyse du marché global, de la réorganisation des administrations publiques et du renforcement de leurs capacités de gestion, fort d’une longue carrière au cœur des organisations internationales, dont vingt années passées à la Banque Mondiale, actuellement en charge dans une université chinoise d’un programme de recherche doctorale sur le management, destiné à quelques milliers d’étudiants.

Pourquoi ai-je accepté de publier cet article sur mon site consacré à la « Réinvention de la France » ? Pourquoi n’ai-je pas été heurté, candidat à la candidature, par sa mise au pilori des « centaines de candidats potentiels à l’élection présidentielle de 2017 prétentieux et arrogants participant aux primaires des primates, en quelque sorte » ?

Sans doute pour m’être imprégné préalablement des enseignements tirés de deux de ses ouvrages (« Réinventer le management dans la perspective du marché global – La méthode SADCI » Editions Grancher – 2000 – « La controverse de la mondialisation – impacts, dangers, espoirs » – Editions Grancher – Juin 2001), de ses réflexions sur le concept de gouvernement mondial et de la nécessité pour l’homme politique de se forger enfin une « vision globale », une vision à laquelle mon métier d’avocat m’a très tôt aguerri.
Sans doute aussi pour avoir compris le message bienveillant déformé par une forme d’outrance langagière, fruit d’une colère partagée à l’égard de la myopie constante de nos dirigeants français ou étrangers, laquelle myopie m’avait elle-même amené à me lancer dans cette entreprise.
Sans doute enfin, parce que capable de mettre en place un plan d’action structuré dans l’espace et dans le temps, tenant compte des exigences différenciées de très court et court termes, de moyen et de long termes, et d’être accompagné de femmes et d’hommes maîtrisant savoir et savoir-faire, dotés de ces mêmes capacités, curieux de tout.
Ma vision de la place de la France dans l’Union européenne et plus globalement dans le Monde se voulait à vingt ans, celle d’Alain Tobelem à au minimum trente ans.
Il est des circonstances dans lesquelles prendre subitement dix ans, peut s’avérer salutaire.
Quant à la « globalisation » et il est essentiel de s’entendre sur les mots, elle doit être perçue et c’est ainsi que je la perçois, d’une manière horizontale et non verticale, la seule verticalité imaginable étant celle des valeurs partagées entre tous.

Michel Bourgeois,
le 5 mars 2016


La schizophrénie électorale

On entre dans une zone de folie collective d’ambitieux illusionnistes, prêts à tout annoncer pour se mettre en avant et tenter à toute force de se faire élire. La campagne pour les élections présidentielles de 2017 a commencé, de manière intempestive, par des gesticulations de toutes sortes, bien avant les dates légales, obscurcissant déjà les problématiques en cours de résolution. Jamais n’avait-on vu autant de prétentieux arrogants se mettre en avant en même temps, amis ou ennemis, au sein de chaque parti existant ou nouvellement créé. Des candidats potentiels ? des centaines, littéralement. Des projets ? guère ou tellement sommaires…, n’engageant à rien ou presque rien. Les primaires des primates en quelque sorte.

Un peu de réflexion sur l’état du monde et sur ce que peut faire un pays devient urgent, une réflexion qui puisse également servir d’instrument de mesure de la sincérité, la compétence et l’imagination des soi-disant candidats, pour l’heure déjà pléthoriques plus d’un an avant la date de l’élection.

Les maux principaux du monde actuel ne relèvent plus du pouvoir d’agir ou de décider des souverainetés nationales en tant que telles. À l’heure de l’interdépendance de plus en plus étroite entre les principaux facteurs de la vie de l’humanité, à savoir, l’économie, la finance, la sécurité, la santé publique, la protection de la planète Terre et le développement social, y compris la lutte contre les inégalités – en particulier celles qui sont injustes du point de vue de l’organisation socio-économique -, l’ordre national souverain a disparu et peu d’hommes politiques, peu de penseurs ou d’analystes en font suffisamment état, du moins de manière pédagogique et convaincante.

La disparition progressive de l’ordre national souverain

La disparition de l’ordre national souverain touchant à ces secteurs de l’activité humaine et de l’organisation socio-économique du monde et qui concernent, solidairement, l’humanité tout entière, n’est pas assez documentée, enseignée, analysée et traduite dans les programmes d’action à aucun niveau des juridictions existantes, jamais en tout cas de façon suffisante ou convaincante.

Que nous apprennent les grandes réunions des G7 ou G20 ou autres dénominations de regroupements de décideurs nationaux ? Que les responsables nationaux reconnaissent ipso facto leur incompréhension, leur incompétence parfois ou leur inaptitude à résoudre des problèmes échappant au niveau national. Ils en deviennent parfois ridicules, comme lors de la réunion du G20 en pleine crise financière des années 2007-2008 où l’on se demandait quelle était bien la nature de la crise et comment on pourrait la résoudre… Que de mauvaise foi…! Le Fonds Monétaire International (FMI) créé en 1945 justement pour gérer la finance internationale et veiller à l’équilibre financier du monde, avait abondamment prévenu et de manière répétitive les différentes places financières mondiales, des dangers qu’il y avait à laisser les banques développer, sans contrôle, des produits financiers pourris et mélanger dans des opérations spéculatives généralement à haut risque, leurs intérêts d’établissements financiers avec ceux de leurs clients.

Que nous ont enseigné et nous enseignent encore les interventions de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) lors des grandes crises de santé publique telles les terribles grippes ravageuses ou la crise actuelle générée par le moustique Zika ? Que nous dit la COP21 qui semble découvrir tout à coup le réchauffement climatique et ses terribles conséquences, soi-disant imprévisibles, spectaculaires parfois comme la fonte des glaciers ou les tsunamis japonais (Fukushima) et autres typhons, ouragans, inondations ou grandes sécheresses, de plus en plus nombreux, phénomènes contre lesquels on ne pourra certainement pas lutter avec efficacité à l’échelle d’un seul pays ? Elles nous ont enseigné que la santé publique et le respect de la nature sont des affaires globales, non nationales.

Que nous apprennent les mouvements migratoires récents, irrésistibles comme ils l’ont toujours été et depuis longtemps, dans de nombreuses régions du monde, ignorées du grand public, parfois spectaculaires comme à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis ? Que nous apprennent les migrations massives de Chinois dans presque tous les pays du monde, des Africains du Nord vers la France et l’Europe en général et de bien d’autres peuples encore ? Que les sociétés du monde se sont toujours forgées à partir de mouvements migratoires et que les « noyaux nationaux purs » n’existent plus depuis fort longtemps. Ils nous apprennent aussi qu’on n’est jamais arrivé à les stopper. Aussi faut-il s’attendre à ce que ces mouvements s’amplifient au cours des prochaines décennies, par exemple en raison des sècheresses attendues en Afrique, lesquelles créeront des flux absolument irrésistibles.

Que nous disent ces catastrophes et bien d’autres encore qui réveillent (un peu) la solidarité internationale et entraînent l’envoi d’une aide, parfois massive, aux populations touchées (exemples : Haïti, Japon, Indonésie, Philippines, etc…) ? Que nous sommes une humanité solidaire et que si nous agissons solidairement en cas de malheur, alors ce malheur sera plus facile à gérer et son coût plus supportable.

Que traduisent les efforts de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) à faire aboutir des accords de commerce sur la base de réglementations et d’une concurrence qui rendraient les échanges plus justes, pour laisser leur chance sur le marché global à tous les opérateurs ? Que sans justice, c’est-à-dire sans concurrence loyale réelle, l’économie ne peut ni fonctionner correctement, ni donner les résultats d’équilibre et de rémunération acceptables qu’on doit en attendre. Et donc aucune sécurité réelle pour l’humanité.

Tous ces événements et d’autres encore, impossibles à citer ici parce que trop nombreux, nous disent l’incapacité à gérer quoi que ce soit depuis un seul ou quelques États nationaux. Ils nous parlent d’interdépendance croissante. Ils invitent les responsables les plus lucides à réfléchir à des modes opératoires collectifs et à renoncer progressivement à la vieille notion de souveraineté, devenue obsolète, voire même dangereuse, contraire à la bonne marche d’un Monde au service des Humains. La division de ce monde en pays aux frontières physiques et institutionnelles doit être remise en question, fondamentalement et radicalement. La réalité globale du marché et le besoin d’institutions à la hauteur doivent être mises à l’ordre du jour, supplanter les idéologies et orienter les choix des partis politiques qui réfléchissent à des projets de société, avec le soutien des institutions globales existantes dans le but d’orienter plus efficacement les décideurs nationaux vers le choix de la formation d’un gouvernement mondial.

L’ancien ordre du monde, organisé en plus de 200 pays, soi-disant nationalement souverains, est devenu un véritable contresens, en particulier lorsqu’il s’agit de résoudre des problèmes dont l’ampleur et la portée leur échappent complètement. C’est notamment le cas de l’économie, de la finance, de l’organisation du marché, du progrès social, de la justice, de la sécurité, de la prévention des crises globales, de la protection de l’environnement, de la santé publique, de l’éducation et la formation permanente et d’autres thèmes encore. Les États nationaux ne pourront plus s’occuper que de problèmes locaux, en conformité avec des dispositions qui traduiront l’intérêt commun global et à condition qu’ils respectent cet impératif de l’intérêt global. Simple question d’éthique après tout.

Un nouvel ordre est nécessaire

Prendre acte de ce qui précède ne devrait relever que du bon sens, du sens commun dont Descartes disait que c’était la chose au monde, la mieux répartie… Tout homme, toute femme prétendant s’investir dans la gestion des affaires du monde à quelque niveau que ce soit, doit énoncer ces vérités avant toute chose et réfléchir à la manière de contribuer à la recherche de solutions, de modèles plus adéquats d’organisation. Les responsables nationaux ou ceux qui prétendent le devenir, devraient réfléchir à leur rôle comme accoucheurs d’un ordre global nouveau, du moins rendu plus explicite et compréhensible. De nouveaux partis politiques devront voir le jour, qui ignoreront les vieilles frontières nationales et se mettront différemment au travail.

C’est à ce prix et seulement à ce prix, qu’un programme local ou national pourra devenir crédible et réalisable parce qu’il ira dans le sens d’un projet de société plus global, intéressant l’humanité tout entière ou bien un programme local dont aucun élément ne viendrait heurter les intérêts du reste de l’humanité. Citons ici l’exemple de l’horrible slogan « achetez français ! » (cela existe dans de nombreux autres pays également) : on n’aurait même pas encore compris à quel point les anciennes économies locales sont devenues interdépendantes et globales ? Plus aucun produit soi-disant français, ou américain, ou chinois n’aurait pu être produit entièrement dans aucun de ces pays. Ou alors parfois à des prix exorbitants.

Projet de société global (PSG)

Quelle société globale souhaitons-nous contribuer à générer pour que nos enfants, nos petits-enfants et nos arrières petits-enfants vivent mieux, dans un monde plus sécurisé que celui que nous sommes en train de leur laisser, sans vergogne, en héritage ? Qui sera en capacité de la façonner ? Cela relève de la responsabilité de partis politiques à caractère global, lesquels doivent y réfléchir et rédiger un projet de société global défini en résultats à atteindre progressivement au cours des trente prochaines années (au minimum). Un processus démocratique devra être également imaginé afin de pouvoir élire les représentants des différents pays (régions ?) du Monde, lesquels éliraient à leur tour un gouvernement mondial. Cette idée fait bondir beaucoup de monde, hélas. Cette perspective dérange, pour nuire à beaucoup trop d’intérêts particularistes, nationaux ou de classe.

Un gouvernement mondial de l’ombre (Shadow World Government) existe pourtant déjà sous la forme d’un système de « Nations Unies »…Tous les ministères d’un gouvernement ordinaire y sont déjà représentés, disposant de tous les pouvoirs techniques et organisationnels nécessaires, mais sans le pouvoir exécutif qui permettrait d’agir avec plus de succès et d’une manière transparente, efficace, sous le contrôle de la société civile et des médias. Notons que les assemblées générales de ces organisations pourraient facilement fonctionner dans le sens de l’efficacité avec des réformes simples de leur organisation. Malheureusement, un gros déficit de démocratie et de transparence les « plombe » ou les paralyse, tout autant que de graves problèmes de pathologies organisationnelles1.

Un PSG définirait les caractéristiques principales d’un monde tel qu’il serait dans trente ans, précisant les étapes par période de cinq à dix années. Il fixerait les résultats mesurables à atteindre qui relèveraient de la responsabilité du gouvernement mondial et de son administration (qui existe déjà, répétons-le, bien que la qualité de leur mode de fonctionnement laisse beaucoup à désirer et demande à être repensé et réorganisé). On peut imaginer déjà quelques grandes lignes de force qui guideraient la pensée des responsables de la rédaction d’un tel projet dans chaque parti politique qui s’y intéresserait.

PSG : Contenu

Le critère d’éligibilité des résultats à proposer dans un PSG est simple. Il s’agit de définir ce que l’humanité tout entière a en commun et comment elle imagine de réaliser des progrès dans son fonctionnement et dans ses conditions de vie. On peut revenir au décalogue mosaïque ou aux idéaux de la plupart des grandes Constitutions issues de révolutions populaires (France, USA, etc…) comme point de départ car ces textes nous parlent de justice, d’équité, d’éthique, de respect. Mais il conviendrait de traduire ces vieux idéaux dont se sont emparé toutes les grandes religions avec le succès que l’on sait, en mesures pratiques et résultats mesurables et datés, à valider à la lumière des idéaux en question.

Il convient par ailleurs de généraliser un grand principe de sauvegarde, du genre : les connaissances (vérités sur lesquelles l’humanité ne diverge pas) valent mieux que les croyances (« vérités » qui ne font pas l’unanimité) et la société humaine s’organisera de façon à faire avancer les connaissances en faisant ainsi automatiquement reculer les croyances. Parmi les croyances, celles qui relèvent de la vie privée (les religions par exemple) doivent rester dans l’ordre privé et ne jamais interférer ou polluer l’ordre public. Sauf bien entendu s’il s’agit de croyances scientifiques ou hypothèses qui ne sont que provisoires, jusqu’à être abandonnées ou transformées en connaissances.

Dans l’ordre économique, un principe du genre de celui qui est défini ici, pourrait être acceptable pour l’humanité tout entière et constituer un socle commun à toutes les activités relevant de l’économie. Ce principe : « chacun doit avoir accès à un pouvoir d’achat égal à sa contribution réelle et mesurée à la génération de richesses ». Bien entendu on verra bien au chapitre de la protection sociale comment on peut aider ceux qui sont dans l’incapacité de contribuer à la génération de richesses. Mais la société serait organisée de façon à ce que chacun bénéficie, tout au long de la vie, d’accès à tous les moyens permettant d’augmenter l’efficacité de la contribution de tous à cette création de richesses, notamment par l’éducation, la formation tout au long de la vie, l’accès facilité à la culture et autres incitations publiques à la créativité.

Quand on est capable d’adopter un tel ordre économique, l’ordre social va de soi. Il s’agira seulement de veiller à ce que le système fonctionne bien, pour que chacun reste maître de son sort et de son avenir. Les distorsions seront assurées comme dans n’importe quel système d’assurance, en répartissant le risque et les corrections nécessaires sur le plus grand nombre, avec modération et justice. Au niveau mondial par exemple, les règles de la concurrence interdiraient qu’un objet – une automobile par exemple— en provenance d’un pays (Corée par exemple) inclue moins de protection sociale dans son coût pour le consommateur, que celle d’un autre pays (France par exemple). Ainsi, le coût de la protection sociale devra donc tendre à devenir le même au niveau du monde entier. Les nouvelles règles de la concurrence relevant de la responsabilité du Ministère Global du Commerce (l’OMC actuelle) et le Ministère du Développement Economique (la Banque Mondiale) y veilleront. Il s’agira de faire reposer la supériorité d’un bien ou d’un service sur la créativité, l’originalité pour en faciliter l’usage ou faire perdurer cet usage au-delà de la moyenne ou encore pour en diminuer le coût de production et le prix de vente aux consommateurs. Et plus jamais en exploitant de la main d’œuvre à bas prix, source de trop de malheurs dans le monde actuel et depuis trop longtemps.

En ce qui concerne la finance, elle devra être mise au service exclusif de l’économie et s’interdire d’avoir une vie propre. C’est-à-dire que la spéculation deviendrait complètement interdite ou hautement fiscalisée au p

oint de la limiter au strict nécessaire. La gestion des dettes par exemple, restera l’affaire de l’emprunteur et du prêteur, exclusivement. Aucun intermédiaire ne sera autorisé : personne ni aucune institution publique ou privée ne devrait pouvoir « racheter » la dette de quelqu’un d’autre, encore moins spéculer sur des « portefeuilles de dettes » notamment publiques. Par ailleurs, grâce notamment à l’essor extraordinaire de l’électronique, les monnaies seront complètement dématérialisées, la carte de crédit ou des moyens similaires rendus obligatoires dans tout système de paiement. Cela aidera considérablement à limiter la fraude, fiscale ou autre, contribuant ainsi à réduire les distorsions économiques que l’on connaît encore. Les systèmes fiscaux seront simplifiés et moralisés à partir de prélèvements à la source, c’est-à-dire au moment de la création de richesses ou de valeur ajoutée. Enfin, une relation plus étroite deviendra facilement lisible entre la charge fiscale globale et la disponibilité de biens publics obtenus grâce à ce revenu.

On pourrait multiplier les exemples, mais ce n’est guère possible dans les limites de cet article. Le passage à un gouvernement mondial, le design d’un PSG attrayant et prometteur, la répartition des rôles entre le gouvernement mondial et les gouvernements nationaux ou encore sub-nationaux, ne posent aucun problème technique qui ne soit impossible à résoudre. On peut affirmer sans crainte que l’on sait faire tout cela. Le véritable problème relève seulement de la nature humaine. Les avides de pouvoir et la folie qui les menace lorsqu’ils en sont investis, représentent un véritable obstacle de taille, qui peut amener à taxer d’utopiques certaines affirmations ou propositions de cet article. Mais ne faudrait-il pas savoir ce que l’on veut ?

En tout cas bon courage Mesdames et Messieurs les candidats à l’élection présidentielle de 2017…

Alain Tobelem
5 Mars 2016

1 Au point que le Général De Gaulle taxait ce système de « machin » !

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