ATTENTATS

Michel BOURGEOISActualités, News, SÉCURITÉ - LIBERTÉS PUBLIQUES0 Commentaire

ATTENTATS DE BRUXELLES

“La culture qui est une ouverture sur le Monde, marque la frontière entre l’humain et l’inhumain”.

Michel Bourgeois


Nous ne pouvons qu’être révoltés

et attristés par ce qui s’est passé ce matin à BRUXELLES, faisant écho aux attentats de PARIS et d’ailleurs, lesquels font présager d’autres actions de même nature.
Des voix se font déjà entendre pour incriminer ceux qui par leurs fonctions seraient susceptibles de l’être (« Vous n’avez rien fait pour l’empêcher… !»), d’autres pour tenter de rassembler autour d’eux, en raison précisément de leurs fonctions (« Nous sommes en guerre et l’État est là pour vous protéger… ! »), réactions simples pour ne pas dire « simplistes » dont personne ne peut juger de leur sincérité.

Je ne les jugerai donc pas. J’avais cependant déjà évoqué cette question dans un article publié sur mon blog le 26 novembre dernier (« De la nécessité de prendre de la hauteur et de ne pas faire de la politique un « tweet field » permanent » :

« Au plan international, lorsque les politiciens auront enfin le courage d’affirmer sans ambages que les ennemis publics dits « numéros 1 » sont les commanditaires et leurs financiers, les choses pourront peut-être, et là seulement, commencer à changer.
Il suffirait pour cela que l’Assemblée des États Parties (ONU, Ndlr) décide de l’assimilation du terrorisme à un « crime contre l’humanité » au sens du Traité de Rome, pour faire comprendre à certains ennemis des droits de l’Homme que l’hypocrisie d’État ne leur permettra plus d’échapper à leurs responsabilités, des responsabilités relevant alors de la Cour pénale internationale, manière de les confronter eux aussi aux « fiches » les concernant, auxquels les peuples, à l’exclusion de leurs dirigeants, semblent être les seuls à y attacher de l’importance.

Il est donc nécessaire de prendre de la hauteur et ne pas faire de la politique un « tweet field » permanent.
C’est également dans un autre espace-temps que l’Histoire jugera tous ceux qui, par calcul ou ignorance, ont fait des choix politiques impardonnables en lien direct avec les abominations commises à Paris et ailleurs ».

Ces quelques lignes, n’ont hélas, pas pris une ride, pour preuve cette histoire peu honorable de Légion d’honneur : sur la scène mondiale, tout doit donc être « remis à plat » : l’amitié entre les peuples doit reprendre le pas sur l’amitié volatile entre ceux qui les représentent. Au plan interne, c’est-à-dire français et plus précisément européen — jamais la notion d’union n’a eu autant de valeur -, que nous faut-il faire qui ne relèverait pas de la sécurité ou de la répression, seuls remèdes envisagés, chacun y allant de sa surenchère ?

Il existe un point commun entre tous les terroristes

que la terre a portés et portera encore, le fait pour eux d’avoir été un jour des enfants accompagnés plusieurs années durant par des adultes, des mineurs n’ayant pas plongé du jour au lendemain dans des meurtres aveugles, ne respectant ni foi, ni loi, des jeunes adultes ne s’étant pas éveillés un beau matin en se disant qu’il n’y aurait rien de plus beau au monde que de se faire exploser, en emportant avec eux la vie, l’amour et les souvenirs de parfaits inconnus n’ayant pour seul point commun que le fait d’être « autres » ? Mais l’étaient-ils vraiment ?

Je n’aime pas commenter l’actualité « à chaud », mais à être confronté aux réactions en boucle des représentants politiques de tous bords, identiques à celles précédentes et sans doute à celles qu’ils auront de nouveau quand des drames identiques se produiront encore, je peux difficilement — la plume heureusement le permet — retenir une certaine forme de colère : si nous ne prenons pas immédiatement des mesures de protection de l’Enfance, nous ne pourrons jamais éviter que dans quinze ou vingt ans des bambins que la vie aura frustrés et marginalisés, deviennent à leur tour des bombes humaines ou de froids assassins.

Ce meurtrier qui aura vingt ans demain et qui tuera ou mutilera peut-être des êtres qui nous sont chers, nous le côtoyons déjà. Il est âgé de trois ou quatre ans et nous ne le regardons même pas : aucune société ne pourra lutter contre le terrorisme sans investir massivement dans la Protection de l’enfance et dans la Culture.

La première est aujourd’hui « partagée » par plusieurs ministères, c’est-à-dire « diluée » entre plusieurs administrations, ce qui conduit des enfants ayant passé toute leur jeune vie sur le sol français, sans qu’on veuille changer quoi que ce soit, au nom de dogmes dits « éducatifs », à ne pas parler correctement la langue française et moins encore l’écrire — ce qui ne vaut pas que pour les familles biculturelles -, à n’avoir qu’une vague idée de ce qu’est le respect, à ne rien connaître de notre Histoire ni de nos règles républicaines, lesquelles structurent notre vivre ensemble et font partie d’un « non-négociable » à intégrer.

Il faut en finir avec ce spectacle familier de « jeunes » tous juste majeurs, se présentant pour la première fois devant un tribunal correctionnel, déjà affligés d’une vingtaine de
« mentions au casier ».
« Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons ! »

: remercions Victor Hugo pour ce cri du cœur. Ainsi l’apprentissage de la langue doit-elle être une priorité absolue, constituer une cause nationale réunissant Fonction publique, associations et autres acteurs ayant savoir et savoir-faire, et ils sont nombreux. Quant à la Culture, elle passe elle aussi par la lecture, laquelle ne consiste pas qu’à déchiffrer des mots, ce qui m’amène encore aujourd’hui à me demander si au travers de l’apprentissage du latin, je n’en ai pas appris davantage durant mes années de potache sur l’histoire de Rome que sur celle de Paris.

Loin de la peine et de la colère que ce qui vient de se passer ne peut que provoquer chez tout être doué de conscience, ce bambin de trois ou quatre ans mérite qu’on lui porte un intérêt particulier : ses faibles résultats scolaires peuvent dissimuler de terribles écueils, psychologiques, familiaux ou sociaux, points de départ d’une spirale infernale.

“Protéger l’enfance pour protéger nos enfants” pourrait être un admirable slogan : investir sur l’individu n’est pas une utopie, c’est un devoir incontournable.

N’oublions jamais que la Culture qui est une ouverture sur le Monde, marque la frontière entre l’humain et l’inhumain.
Michel Bourgeois
22 Mars 2016

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