SUPPLIQUE AUX MAIRES QUI NE VEULENT PAS VOIR MOURIR LEUR COMMUNE

Michel BOURGEOISActualités, CULTURE - ENSEIGNEMENT - FORMATION, Events, News, VALEURS RÉPUBLICAINES et INSTITUTIONS0 Commentaire

Est-ce que tu t’souviens, Jules, quand nous étions lardons,
De nos parties de pêche tout près de la maison ?
L’étang était coiffé de mille nénuphars
Sur qui veillaient des saules à l’âme végétale.

Gardons, brèmes et carpes,
Carouges, perches’ arcs-en-ciel
Jouaient à déjouer nos pièges enfantins :
À bien y réfléchir, le jeu était cruel,
Mais nous n’avions en tête que des rêves’ de gamin.

Est-ce que tu t’souviens, Jules, de nos guerres des boutons
Contre les bons à rien du patelin d’à côté ?
Du boulanger du coin, de Marcel, l’épicier,
Qui passait ses journées à lécher du Picon ?

Et notre institutrice ? Toi aussi, tu l’aimais
D’un amour bien étrange du haut de nos huit ans,
Aimé, le garde champêtre, tambour toujours battant,
Son nez presque grenat … « Avis… Bonnes’ gens…Oyez ! »

Y’avait aussi l’curé et sa bonne à tout faire,
Et puis M’sieur l’Colonel. Tu t’souviens d’la caserne ?
De nos parties d’baby, de nos parties d’flipper,
Aux pots de l’amitié, des vrais, ceux de naguère ?

La caserne a fermé, l’école a disparu.
J’y suis r’passé hier, ça faisait cinquante ans…
Paris a tout cassé. Des messieurs en col blanc…
Ça n’te fait vraiment rien ? Qu’es-tu donc devenu ?

J’crois bien qu’t’es dev’nu maire,
Qu’tu n’veux pas parrainer…
On a r’bouché l’étang, y’a plus d’bled à côté…
Est-ce que tu t’souviens, Jules, que c’est là qu’on est né ?
J’t’en prie, nos souvenirs, ne les laisse pas crever…!

Michel BOURGEOIS

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