RELATIONS INTERNATIONALES

Se présenter à une élection quelle qu’elle soit, impose de faire preuve de « civilité » (ce mot n’est pas neutre), la passion outrancière relevant davantage de l’agressivité que de l’engagement – mais il est vrai que ce spectacle fait le « buzz » -.

Même si la liberté de parole est la règle, le fait de s’engager dans une élection présidentielle oblige le candidat à une certaine réserve ou à une certaine mesure dans ses propos, les critiques contre l’État n’étant rien d’autre aux yeux des observateurs étrangers que des critiques contre la politique internationale de la France.

Quelques observations cependant. La diplomatie ne consiste pas à aller prendre un verre avec un ami, chef d’État (distinct du chef d’un État ami), mais de surmonter un instant ses a priori pour tenter de renouer des liens internationaux distendus, en ayant toujours présent à l’esprit que derrière les dirigeants se trouvent des peuples, peuples à qui l’on doit penser en priorité.

On ne peut se frotter à la diplomatie qu’en prenant en considération l’Histoire de l’autre, laquelle détermine ses valeurs de cœur, ce qui requiert également de connaître la sienne propre, les deux étant souvent mêlées. Les liens historiques que la France entretient avec la Fédération de Russie et les États-Unis, sont des liens forts mais différents, qui imposent de sortir de cette philosophie inspirée de la Guerre froide imposant à tout un chacun de choisir son camp : c’est précisément parce que la France a toujours des rapports privilégiés avec l’une et les autres, qu’elle doit éviter de tomber dans ce travers, lequel au travers du mécanisme des alliances (celui-là même qui avait abouti à la Première guerre mondiale) impose certains choix qui n’en sont pas, des non-choix dont les conséquences sont hélas prévisibles et le plus souvent, malheureuses.

Devait-on après la chute du mur de Berlin placer la France sous commandement intégré de l’OTAN ? La question reste ouverte, comme celle de création d’une véritable armée européenne, à laquelle nul observateur et encore moins nul acteur ne pourra échapper.

Michel BOURGEOIS