PROPOS PRÉLIMINAIRES

Quelques mots pour vous donner l’orientation du programme sur lequel nous sommes en train de travailler, destiné à « réinventer la France ».

La manière dont les débats sur la déchéance de nationalité ont été orientés, pour ne citer que cet exemple-là, non isolé, hélas, met en évidence la nécessité absolue d’abolir définitivement un certain nombre de comportements politiques inadaptés et de revenir aux principes que nous ont légués « les Philosophes des Lumières » (Locke, Newton, Descartes, Montesquieu, Voltaire, Rousseau, Diderot…), principes qui ont inspiré la Déclaration des droits de l’homme et du Citoyen du 26 août 1789. Vouloir modifier la Constitution, cette règle suprême s’imposant à l’État lui-même pour ne pas dire prioritairement à lui, ne doit pas relever du jeu politicien puisqu’elle est ce qui lie chacun d’entre nous à l’autre.
Que nous ont-ils appris ou « que devons-nous retenir d’eux » ? Que l’homme progresse par l’expérience, que seule la séparation des pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire permet de garantir la liberté aux citoyens, que la démocratie repose sur un contrat social, plus schématiquement qu’il faut substituer la raison aux dogmes et aux régimes autocratiques et arbitraires, autant de principes à la dérive en 2016 en France.

Aucun plan d’action sérieux ne peut être élaboré sans une vision à au moins trente ans : « Comment est-ce que j’imagine la France dans trente ans ? Que dois-je faire pour que mes enfants et petits-enfants puissent y vivre décemment et paisiblement ? ».

Quelques mots pour vous donner l’orientation du programme sur lequel nous sommes en train de travailler, destiné à « réinventer la France et le Vivre Ensemble ».


Êtes-vous prêts, vous-même, à vous poser ces deux questions ?

Vouloir réinventer la France dans ce qu’elle a eu de plus remarquable, nous oblige à constater qu’elle fait partie d’une équipe, l’Union européenne, et qu’elle évolue avec elle dans un ensemble « global » que certains appellent la « mondialisation ». Nous devons donc avoir une approche globale de la politique : imputer à « Bruxelles » l’échec de décisions plus médiatiques que réfléchies n’est pas juste et encore moins honnête. On ne détruit pas un véhicule au seul motif que son conducteur ou son mécanicien seraient incapables de le conduire ou de l’entretenir : il faut les former ou les inviter à exercer leurs talents ailleurs.

Nous avons oublié et les attentats qui ont ensanglanté notre Pays n’en sont qu’une pâle illustration, ce que signifie le mot de « guerre » : l’Europe est en paix depuis 1945 et il faut rendre en cela hommage à Charles de Gaulle et Konrad Adenauer qui avaient compris que le repli sur soi-même est un leurre et davantage encore, un danger ; il nous appartiendra d’avoir un rôle moteur dans la construction d’une Europe conforme à nos valeurs et en tout cas plus lisible.

Je rêve moi aussi d’un monde gouverné par des sages, un monde sans atrocités dans lequel les richesses seraient réparties équitablement entre les Hommes. Sans doute ne le verrons-nous personnellement jamais, mais ce qui ne peut être atteint ne doit pas être ignoré pour autant : l’idéal est le plus puissant des moteurs.


Que vous proposons-nous ?

La vertu politique, écrivait Jeremy Bentham (XIXème siècle), repose sur la bienveillance et la prudence. L’éthique doit donc être « réinstallée » au cœur de la vie politique, et avec elle la notion de « conflit d’intérêt », d’où la nécessité plus que symbolique d’imposer le serment à tous ceux qui gouvernent, le parjure étant un crime plus qu’un simple mensonge : ceux qui en ont la tâche ne pourraient participer à l’élaboration d’un texte touchant à leurs propres intérêts.

La Constitution du 4 octobre 1958 sera modifiée pour favoriser le développement de la démocratie participative aux échelons local, régional et national, complément naturel d’une démocratie représentative, indispensable, mais dont l’actualité démontre chaque jour qu’elle a atteint ses limites ; elle sera également modifiée pour adapter l’organisation des Pouvoirs publics aux réalités du XXIème siècle et rationnaliser les dépenses publiques.

La notion « d’urgence sociale » y sera introduite (qui est étrangère à celle d’ « état d’urgence », liberticide quant à lui, étant ici précisé que contrairement à une idée délibérément entretenue, liberté et sécurité ne sont pas contradictoires, ce sur quoi nous reviendrons), qui permettra à l’État et au Parlement de prendre toutes les mesures sociales requises par les circonstances.

Le nombre de Ministères sera réduit de manière significative, organisés en départements spécialisés, chacun, dans son domaine de compétence (l’ordre est aléatoire) :

DÉVELOPPEMENT DURABLE
Aucune décision ne sera prise, qui ne prendra pas en considération son caractère prioritaire.

AFFAIRES ÉTRANGÈRES (Diplomatie – Union européenne)
FINANCES (Contrôle des comptes – Recettes – Budget)
SÉCURITÉ (Défense nationale – Sécurité intérieure)
JUSTICE
ORGANISATION DE LA FONCTION PUBLIQUE
SANTÉ – FAMILLES – AIDES SOCIALES (Médecine – Hôpitaux – Maladie – Handicap – Retraites – Allocations familiales – Chômage)
Mer et TERRE (Agriculture – Dynamisation des zones rurales – Rééquilibrage villes / campagnes – Décentralisation/Déconcentration)
ENSEIGNEMENT – CULTURE (Enseignements primaire, secondaire, universitaire – formation professionnelle – arts – associations – cultes)
PROTECTION DE L’ENFANCE (Regroupant l’échec scolaire, le harcèlement scolaire et extrascolaire, les difficultés familiales, sociales et pénales, notamment).
ENTREPRISES – ÉCONOMIE (élaboration d’outils au sens le plus large du terme pour le développement des entreprises et de l’emploi privé et public).

L’instruction et la culture occuperont une place centrale dans le dispositif que nous mettrons en place, la lutte contre tous les fanatismes passant par la connaissance, c’est-à-dire par la langue, mais aussi par celle de l’Histoire et de la fierté à l’égard de ses racines, ce qui pose la question du maintien des régions dans leur forme récente. Priorité sera donc donnée à l’alphabétisation, les autres matières pouvant être approchées au travers de l’apprentissage de la langue française.

Nous développerons chacun de ces points au travers de chroniques sur le blog : en en expliquant le sens et la cohérence, et aurons, je l’espère l’opportunité d’échanger avec vous sur chacun des thèmes abordés.

Restons en lien.

Michel Bourgeois